Comment arrêter de tout remettre au lendemain : stop à la procrastination

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La procrastination (du latin pro « en avant » et crastinus « du lendemain ») est une tendance à remettre systématiquement au lendemain des actions (qu’elles soient limitées à un domaine précis de la vie quotidienne ou non). Le « retardataire chronique », appelé procrastinateur, n’arrive pas à se « mettre au travail », surtout lorsque cela ne lui procure pas de satisfaction immédiate ( définition tirée de wikipédia).

Dans cette définition, vous trouverez toutes les composantes qui vous permettront de mieux comprendre le fonctionnement d’un procrastinateur. Si vous l’êtes vous-même, vous êtes en mesure de donner un sens à votre comportement et de pouvoir avoir un contrôle dessus.

Il existe plusieurs types de procrastination et de procrastinateurs!

Dans Comment ne pas tout remettre au lendemain de Bruno Koeltz, l’auteur fait référence à 3 catégories de procrastination.

  1. La procrastination académique( liée aux activités scolaires) et professionnelle. Les étudiants sont fortement touchés et nombreux sont ceux qui préfèrent vaquer à leurs activités favorites que de se pencher sur leurs devoirs. Au travail, certaines personnes ont cette tendance aussi à reporter certaines activités qu’elles devraient faire comme une réponse à un appel d’offres par exemple .
  2. A la maison, appelée procrastination routinière liée aux tâches de la vie quotidienne. On rechigne à faire le rangement d’un placard donc on le reporte à plus tard pour aller vers une autre tâche plus agréable.
  3. Enfin la procrastination décisionnelle , liée à la prise de décision, qui consiste à se décider rendre sa réponse à la dernière minute.

Vous l’aurez constaté, il y a plusieurs façons de procrastiner et chacun d’entre nous a sa  propre manière de procrastiner. Certains sont des procrastinateurs structurés (appelé ainsi par John Perry dans La procrastination: L’art de reporter au lendemain), ils repoussent les activités jusqu’à la date butoir mais finissent par respecter les délais. D’autres personnes peuvent procrastiner longtemps même trop longtemps et constatent après coup les conséquences fâcheuses et lourdes à la fois. Par exemple, ils remettent à plus tard le règlement de leurs factures jusqu’à subir les relances des huissiers malgré un contexte financier confortable.

Pourquoi remettre tout au lendemain? Pourquoi cette fâcheuse tendance à repousser les actions jusqu’à se mettre dans des situations délicates et stressantes voire catastrophiques?

Les causes de la procrastination

  • j’ai peur d’échouer : il est beaucoup plus profitable de repousser l’échéance jusqu’à son maximum pour se consoler par la suite si l’on échoue en se disant que l’on a pas eu assez de temps. Cela permet de protéger l’estime de soi déjà fragile. Si c’est votre cas, je vous renvoie à mon article 4 raisons d’aimer tes échecs.
  • je suis perfectionniste : la personne ne supporte pas le travail imparfait et s’impose des objectifs d’excellence extrêmement difficile à atteindre. Elle va donc se surinvestir dans des activités parfois de moindre importance et faire l’impasse sur d’autres.
  • je refuse de me soumettre : Comme une manière de gérer les pressions extérieures et donc de se protéger, la personne va procrastiner pour montrer son mécontentement en ne donnant pas au délai fixé la chose demandée. Ce peut être une facture qu’on ne règle pas car nous ne sommes pas d’accord avec le montant ou la difficulté de gérer la pression extérieure.
  • j’ai des pensées négatives :  » je ne suis pas capable de rendre un travail parfait, je n’aurais jamais le temps de tout faire, je n’y arriverai pas « . Avec de telles pensées, difficile de trouver la motivation nécessaire pour accomplir la tâche et donc de la remplir au moment opportun.
  • j’ai dû mal à estimer le temps pour une activité donnée : bien souvent le procrastinateur sous-estime le temps dont il a besoin pour réaliser une activité. Il repousse donc sans cesse une activité qu’il aurait dû déjà commencer.
  • je manque de motivation : une tâche sans intérêt et hop là-voilà au reléguer au dernier plan malgré son importance. Je rechigne à faire telle chose qui ne m’amuse pas du tout, je préfère alors faire quelque chose d’autre qui sera bien plus épanouissant.
  • je travaille mieux sous pression : besoin d’adrénaline, d’émotions fortes… un véritable défi de rendre un travail en temps et en heure à la dernière minute et en plus , je suis redoutablement efficace!
  • je suis sensible aux distractions : vous travaillez et là, un message vous parvient. Vous ne pouvez vous empêcher d’y répondre. Puis vous recevez un email, une offre intéressante et vous cliquez dessus. Vous vous retrouvez à naviguer sur internet et oubliez votre travail.

La procrastination, normal ou pathologique?

D’abord, le fait de tout mettre au lendemain n’est pas une maladie. C’est un comportement. Elle est normale lorsque la personne n’est pas gênée par ce comportement et qu’elle n’en souffre pas. Cela devient problématique lorsque l’individu est fortement et négativement impacté par son comportement procrastinateur. Comme quelqu’un qui ne paiera pas ses factures jusqu’à payer des dettes voire amendes importantes alors même que sa condition financière n’est pas en cause.

Enfin, la procrastination n’est pas une maladie mais peut être un symptôme d’une maladie comme la dépression, les troubles compulsifs ou encore l’hyperactivité.

Attention, risque important de procrastination!

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Certains signes peuvent vous alerter sur le risque important de procrastination. Elle peut varier selon les personnes, leur manière de reporter les choses au lendemain. De manière générale, on peut en apprécier quelques uns.

  1. La tâche est importante : l’activité est importante et demande beaucoup d’énergie psychique et physique ( réaliser un dossier, refaire la décoration d’une chambre). Rebuter par tant de choses à gérer et à faire, vous préférez attendre un peu avant de remonter vos manches…
  2. Deadline lointaine : vous devez rendre un dossier dans un mois. Vous pensez que vous avez encore largement le temps alors cela attendra. Sauf que vous avez peut-être mal estimé le temps qu’il faudra et cela risque de vous coûter cher!
  3. Absence de plaisir : vous rechignez, vous n’avez pas envie de faire la vaisselle ou de laver votre voiture. Vous avez largement mieux à faire alors vous abandonnez, ce sera pour plus tard.
  4. La tâche n’est pas structurée : vous ne savez pas par où commencer, quoi faire. vous pensez légitimement ou non avoir les réponses un peu plus tard pour pouvoir commencer.
  5. Aucune date limite : Personne ne vous a fixé de date limite. C’est peut-être un projet que vous avez désiré faire de votre propre chef. Pour x ou y raisons (voir facteurs de la procrastination ci-dessus) , vous attendez avant de vous y mettre. Des mois voire des années peuvent s’écouler avant que vous ne vous décidiez.

Les étapes du fonctionnement de la procrastination

Selon Dr Koeltz, il existe plusieurs étapes dans la procrastination. Dans un premier temps, j’ai le souhait de réaliser la tâche. Ensuite, je décider de m’y atteler. Puis je me soustrais à la reporter sans raison valable. Je vais alors penser aux avantages de la reporter comme faire quelque chose qui m’intéresse ou me plaît plus que l’activité en question même si cela peut m’occasionner des problèmes plus tard. Quelque temps plus tard, le sentiment de culpabilité me rattrape alors je me cherche toutes sortes d’excuses pour pouvoir reporter encore cette tâche. Le jour J arrive, je mets les bouchées doubles pour arriver dans les délais. A nouveau, le sentiment de culpabilité d’avoir stresser et de s’être mis dans des conditions extrêmes au lieu d’avoir pris le temps en amont de faire les choses comme il se doit. Viennent alors les bonnes résolutions. La prochaine fois, on ne m’y reprendra pas! A priori, vous n’êtes pas prêt de recommencer. Sauf qu’en tant que tout procrastinateur qui se respecte, c’est toujours le même cercle vicieux. Vous reportez encore et encore…

Les bonnes raisons de procrastiner

Si le comportement du procrastinateur persiste , c’est que la personne y trouve quelque part son compte. Selon Dr Koelz , le renforcement positif et le renforcement négatif est la conséquence de ce comportement.  Ce renforcement est positif si la conséquence de son comportement est agréable. Vous avez une corvée à faire mais vous préférez faire autre chose qui vous est agréable. Négative car elle fait disparaître l’inconvénient. C’est pourquoi le procrastinateur sera fortement tenté à persévérer dans cette attitude, ce qui lui est pourtant nuisible. De plus, le renforcement positif est immédiat tandis que le renforcement négatif survient plus tard. Il est donc difficile de s’arrêter de procrastiner.

Comment dire stop à la procrastination?

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Plusieurs techniques en gestion du temps peuvent vous être utiles ( voir Comment investir son temps et ne plus le perdre inutilement ? ) . L’ennui , c’est que si vous ne comprenez pas pourquoi et comment vous procrastinez , cela risque d’être inefficace. La première chose à faire est donc de comprendre votre propre schéma de procrastination ( les causes, les activités que vous reportez le plus, votre évaluation du temps qu’il vous faut pour réaliser chaque tâche).

 

10 manières de déjouer ce phénomène :

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  1. Croyez en vous : ayez des pensées positives. Faîtes vous confiance pour partir du bon pied et ne plus remettre les choses à plus tard. Eviter les pensées négatives qui ne font qu’empirer votre comportement de procrastinateur.
  2. Faire les avantages et les inconvénients de remettre au lendemain : imaginez vous entrain de passer nuit blanche, de ne pas avoir le temps de manger ni de faire votre activité favorite parce que vous avez simplement remis à demain. Cela peut donner à réfléchir à deux fois avant de procrastiner. Il peut exister plusieurs avantages à procrastiner comme une réflexion plus approfondie sur le projet. Vous avez une meilleure approche puisque vous avez pris le temps de mûrir la chose et vous pouvez même avoir plus de créativité .
  3. Fixer une date butoir : pas de date, ni d’horaire à respecter dans ce projet. Fixez vous en une que vous noterez en rappel dans votre agenda. S’instaurer une discipline petit à petit pour en faire une habitude.
  4. Scinder la tâche importante en plusieurs petites actions : d’abord cela est plus digeste puis cela permet d’être plus motivé et d’éviter les reports. Si vous devez écrire un dossier sur un thème en particulier, commencer par écrire les grandes lignes, les choses que vous aimeriez aborder.
  5. Se récompenser : la procrastination est liée au fait aussi de ne pas avoir de plaisir immédiat donc n’hésitez pas ,après une bonne séance de travail, de vous programmer une activité qui vous fait du bien. Il est probable que vous donniez votre maximum pour remplir vos fonctions. Vous pouvez même faire cela simultanément (par exemple : faire la vaisselle en écoutant votre musique préférée).
  6. Commencer par le plus pénible ou ce qui vous demande le plus d’énergie.
  7. Devenez votre meilleur ami : que conseillerez-vous à votre meilleur ami? est ce qu’il vous féliciterez si vous lui dîtes que vous êtes en retard sur le rendu d’un dossier? S’il est véritablement votre meilleur ami, j’en doute fort. Alors soyez la personne de bons conseils pour vous-même !
  8. Avant d’aller vous couchez, prenez un carnet et notez toutes les tâches que vous devez accomplir pour le lendemain par ordre chronologique.
  9. Repérer les vraies urgences importantes :  » il s’agit de déterminer, parmi les victimes, les cas désespérés, ceux qui ont des chances de survie à condition de reçevoir les premiers secours et ceux qui peuvent être envoyés en salle d’attente » J.Perry. Drôlement efficace cette astuce! Si vous ne vous sentez pas l’âme d’un médecin urgentiste, vous pouvez toujours utiliser la méthode Eisenhower dans mon article Comment investir son temps et ne plus le perdre inutilement ? .
  10. Dépasser votre peur de l’échec : les échecs sont sources de réussite. Ils vous améliorent et vous font apprendre toujours plus que si vous n’aviez rien fait. Ils ne remettent pas en cause non plus votre propre valeur (voir 4 raisons d’aimer tes échecs ).

 

Pour conclure, la procrastination peut avoir de bonnes vertus ( créativité, patience) mais elle peut vous être délétère. Si vous ne supportez plus les conséquences de votre procrastination, il est temps de réagir ! Réfléchissez à ce qui vous freine et travaillez là- dessus. Vous avez toutes les cartes en mains pour changer de comportement et avoir une meilleure qualité de vie en faisant les choses en temps et en heure.

 

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